Accueil / Blog / Tarification
Tarification

Comment calculer son TJM de graphiste freelance en 2026 (guide complet)

8 juillet 2026·Lecture 12 min·Par Marion, Augmenté
TJM recommandé
377€ / jour

Le TJM, taux journalier moyen, est le chiffre le plus important de ton activité, et le plus souvent sorti du chapeau. La plupart des graphistes copient le tarif d'une consœur ou divisent un salaire rêvé par 20 jours. Résultat : un TJM sous-évalué de 30 à 50 %, des fins de mois tendues et le sentiment de courir sans avancer. Ce guide reprend tout à zéro : ce que tu vends vraiment, ce que ton studio coûte vraiment, combien de jours tu factures vraiment, et comment tes ventes de produits (templates, mockups, typos) changent l'équation.

Outil gratuitCalcule ton TJM en 2 minutes avec notre calculateur
01

Ce que tu vends vraiment (indice : pas des journées)

Avant de poser un chiffre, il faut comprendre ce que ce chiffre couvre. Une « journée » facturée à un client contient bien plus que du temps de création : la phase de recherche et de veille (concurrence, références, typographies, couleurs), les essais et pistes abandonnées qui précèdent toute proposition, le premier rendez-vous de cadrage, la rédaction du devis et de la cession de droits, les allers-retours de corrections, les échanges par mail et en visio, et la préparation des fichiers finaux pour l'impression ou le web.

Quand un client voit « 1 journée · 400 € » sur un devis, il imagine 7 heures de création pure. En réalité, la création représente souvent la moitié du temps d'une mission. Ton TJM doit financer tout le reste, sinon c'est toi qui l'offres.

02

Étape 1, Ce que ta vie et ton studio coûtent

Commence par ton besoin mensuel réel, en trois blocs. D'abord le revenu net que tu veux te verser, pas le minimum survivable : le montant qui te permet de vivre correctement et de tenir sur la durée.

Ensuite les charges professionnelles fixes, qu'on sous-estime systématiquement : suite Adobe (≈ 70 €/mois), forfait téléphone et internet (30 à 60 €), mutuelle (30 à 80 €), prévoyance (≈ 30 €), RC professionnelle (≈ 20 €), logiciel de facturation, banque pro, comptable éventuel, matériel à amortir (un poste de travail complet se renouvelle tous les 3-4 ans), coworking si tu en as un (200 à 300 €/mois). Total réaliste : 300 à 800 €/mois selon ton installation. Ajoute la CFE, cet impôt local que tout indépendant paie même depuis son salon (de 200 à plus de 1 000 €/an selon la commune).

Enfin l'épargne : précaution (les creux d'activité arrivent toujours), retraite (personne ne cotisera à ta place au niveau d'un cadre), et investissement futur. Un studio qui n'épargne pas est un studio fragile.

03

Étape 2, Les cotisations et impôts (le grand oubli)

Ton chiffre d'affaires n'est pas ton revenu. En micro-entreprise BNC, comptes environ 26 % de cotisations sociales (incluant la contribution à la formation professionnelle), plus l'impôt sur le revenu, soit via le versement fiscal libératoire (2,2 % du CA pour une activité libérale), soit au barème classique. En EI au réel ou en EURL, la part qui s'évapore grimpe à 40-45 %.

La conversion est simple mais impitoyable : pour disposer de X euros, il faut facturer X ÷ (1 − taux). Avec 26 % de prélèvements, 3 000 € de besoin mensuel exigent 4 054 € de chiffre d'affaires. C'est cette division, pas une soustraction, que la plupart des calculs de coin de table oublient.

Le calcul · du besoin au chiffre d’affaires
Besoin mensuel (net + charges + épargne) 3 050 €
Sur une année × 12 36 600 €
Division par (1 − 26 % de prélèvements) ÷ 0,74
CA annuel à facturer 49 460 €

En clair : pour garder 36 600 € dans ta poche, il faut en faire entrer 49 460 €, la différence part à l’URSSAF et aux impôts. On divise (on ne soustrait pas), car les cotisations se calculent sur ce que tu factures, pas sur ce que tu gardes.

04

Étape 3, Tes jours réellement facturables

L'erreur classique : diviser par 220 jours ouvrés. Or personne ne facture 220 jours. Pars de tes jours travaillés (5 jours × 47 semaines après congés, jours fériés et une semaine de maladie ≈ 220 jours 'travaillés'), puis retire la part non facturable de ton temps : prospection, devis, comptabilité, communication, formation, veille. Pour un freelance honnête avec lui-même, c'est 30 à 50 % du temps.

À 40 % de temps non facturable, il reste 132 jours facturés par an. C'est le vrai dénominateur de ton TJM, et c'est pour ça qu'un TJM de graphiste qui se lance ne devrait jamais descendre sous les 300-330 € : en dessous, tu travailles à perte ou 7 jours sur 7.

Le calcul · tes vrais jours facturables
Jours travaillés (5 j × 47 semaines) 220 jours
Temps non facturable (prospection, devis, admin) − 40 %
Jours réellement facturés 132 jours

En clair : sur 220 jours de travail, seuls 132 sont payés par un client. Les 88 autres sont indispensables (trouver des clients, faire les devis…) mais personne ne les paie, c’est ton TJM qui doit les financer.

05

Étape 4, Les ventes additionnelles changent l'équation

Le paramètre que presque aucun guide n'intègre. C'est le paramètre que si tu vends aussi des produits, templates (Notion, Canva, portfolio), mockups, typographies, illustrations, presets, ou que tu touches des revenus Canva Creators / marketplaces, ces ventes couvrent une partie de ton besoin annuel. Ton TJM n'a plus à porter 100 % de ta vie.

Le calcul : soustrais tes revenus produits annuels du chiffre d'affaires que tes missions doivent générer. Exemple : 400 €/mois de ventes de templates = 4 800 €/an en moins à couvrir par tes journées facturées. Sur 132 jours, c'est 36 € de TJM en moins nécessaires, ou 36 € de marge en plus si tu gardes ton tarif.

Attention au piège inverse : créer ces produits consomme du temps non facturable. Si tu te lances dans les produits digitaux, augmente ta part de temps non facturable en parallèle, sinon ton calcul est trop optimiste des deux côtés.

Le calcul · l’effet des ventes de produits
Ventes de templates / mois 400 €
Sur une année × 12 4 800 €
Réparti sur 132 jours facturables ÷ 132
TJM allégé de − 36 € / jour

En clair : chaque euro gagné pendant que tu dors (templates, mockups, typos) est un euro que tes journées de mission n’ont plus à rapporter. À toi de choisir : baisser ton TJM… ou garder le même et augmenter ta marge.

06

L'exemple complet, chiffré de bout en bout

Objectif : 2 500 € nets/mois + 350 € de charges pro + 200 € d'épargne = 3 050 €/mois de besoin, soit 36 600 €/an. Avec 26 % de prélèvements : 49 460 € de CA nécessaire. Elle vend par ailleurs 250 €/mois de templates : reste 46 460 € à couvrir par les missions.

Temps : 5 jours/semaine, 5 semaines de repos, 40 % non facturable → 141 jours facturables. TJM minimum : 46 460 ÷ 141 = 330 €. Avec 15 % de marge de sécurité : TJM recommandé de 379 €, arrondi à 380 €. Loin des 250 € « standards » qu'on voit circuler, et pourtant : chaque euro est justifié, ligne par ligne.

L’exemple complet, de bout en bout
Besoin annuel (2 500 € net + 350 € charges + 200 € épargne) × 12 36 600 €
CA nécessaire après prélèvements (÷ 0,74) 49 460 €
− Ventes de templates (250 € × 12) − 3 000 €
À couvrir par les missions 46 460 €
÷ Jours facturables 141 jours
TJM minimum 330 €
+ Marge de sécurité 15 % × 1,15
TJM recommandé ≈ 380 € / jour

En clair : 380 € par jour, ce n’est pas « cher », c’est le prix exact d’une vie correcte, de tes cotisations, de tes jours non payés et d’un matelas de sécurité. Tout TJM inférieur rogne sur l’un de ces postes.

07

Les facteurs qui font varier ce chiffre

L'expérience d'abord. un profil senior avec un portfolio solide et une spécialité identifiée facture 450 à 600 €/jour et plus ; un profil junior tient rarement au-dessus de 350 €, mais jamais en dessous de 300 € sans travailler à perte. La localisation ensuite : les tarifs parisiens dépassent la province de 20 à 30 %, à prestation égale. Le type de clientèle enfin : les grands comptes paient mieux mais à 45-60 jours, prévois une marge de trésorerie si c'est ton marché.

Et le facteur qu'on oublie : la spécialisation. « Graphiste généraliste » se compare sur le prix ; « identité visuelle pour marques food » ou « packaging cosmétique » se compare sur la valeur. Plus ton positionnement est net, moins ton TJM se négocie.

08

Défendre ce chiffre (sinon il ne sert à rien)

Un TJM présenté seul s'effondre à la première négociation. La parade : ne jamais annoncer un prix nu, mais un devis structuré, phases détaillées, livrables précis, ce qui est inclus, ce qui ne l'est pas, nombre d'allers-retours compris, conditions de paiement avec acompte. Le client ne négocie plus un chiffre abstrait : il arbitre un périmètre.

C'est exactement le rôle du pack Cadrer : transformer ton TJM en devis, contrat et facture prêts à envoyer, avec la section « non inclus » et la limite d'allers-retours déjà rédigées. Ton TJM est le moteur ; le devis est la carrosserie qui le protège.

Passer à l'action

Transforme ton TJM en devis, contrat et facture prêts à signer.

Découvrir le pack Cadrer · 37€ → Paiement unique · Accès à vie
À lire ensuite
Comment budgétiser son offre de branding (méthode + simulateur)Combien facturer un logo en freelance : la grille de prix 2026Webdesign freelance : combien facturer un site vitrine en 2026